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lunes, 3 de junio de 2019

Maître corbeau dans tous ses états

Maître corbeau dans tous ses états

Le corbeau et le renard fait partie des dix plus célèbres poèmes de la langue française. Je place son auteur, Jean de La Fontaine, à égalité avec Victor Hugo dans le Panthéon de la littérature.

Les pastiches et parodies qui suivent se veulent à la fois hommages affectueux et exercices de styles. On se reportera, pour l'original au magnifique site réalisé par un passionné de La Fontaine, Jean-Marie Bassetti.

1 Verlan

Le Beaucor et le Nareu (Ange Edal Tainefon)
Tremai Beaucor, sur un brare chéper,
Naite en son quaib un magefro.
Tremai Nareu, par l'eurdo chéallé,
Lui tint à peu près ce gagelan :
"Hé ! jourbon, sieurmo du Beaucor.
Que vous êtes lijo! que vous me blessan beau !
Sans tirmen, si votre magera
Se rapporte à votre mageplu,
Vous êtes le Nixphé des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Beaucor ne se sent pas de joie ;
Et pour traimon sa belle voix,
Il ouvre un large quaib, laisse béton sa proie.
Le Nareu s'en saisit, et dit : "Mon bon sieurmo,
Apprenez que tout teurfla
Vit aux pensedé de celui qui t'écoule :
Cette sonle vaut bien un magefro, sans doute. "
Le Beaucor, honteux et fucon,
Raju, mais un tard peu, qu'on ne l'y prendrait plus.


2 Contrepet

Le rebeau et le cornard (Jayne de la Fontan)
Maitre cornard sur un chèbre perbeau
Tenait dans son mage un becfro
Maitre rebeau par l'odeur allénard
Lui tint à l'engrais ce peupage
Eh joursieur Monbon du beau corps
Que vous êtes logé, que vous me sens beau bli
M'en sentir si votre marrage ressemble à votre plumage
Vous êtes les inox des bêtes de ces fois
A ces mots le Cornard ne se soit pas de Jean ;
Et pour voirer sa belle montre,
Il ouvre un barge lec, laisse béton sa proie.
Le Rebond s'en saisit, et dit : "Mon art Monsieur,
Apprenez que t'heures flat tout
Vent aux dépits de célou qui le cuite :
Cette leçon vient beau un fromage, sous Dante. "
Le Corps fut , honteux con et beau,
Juta mais un peu rare, qu'on ne l'y prendrait plus.


3 Isovocalisme en e ( AZ - mai 1999 )

Le merle et le fennec (Gens des légendes)
Mère Merle, en chêne perché,
Serre en bec le Selles
Père Fennec, les sens tentés,
Célèbre et encense :" Respects, Mère Merle.
Très sélecte et svelte, et belle !
Tes lèvres et tes pennes,
Engendre le rêve des bêtes
En ces mélèzes et en ces frênes"
Mère Merle se sent en fête ;
Et perd le sens, écervelée
Elle se penche et le chèvre descend.
Le Fennec prend en ses dents, et égrène : "Révérences, Merle,
Je me délecte et dépends des benêts :
Cette lèche-fesse est le dessert certes. "
Le Merle, berné et blessé,
Peste en serments de regrets éternels.


3 bis Le merle et le fennec (GEF - octobre 1998.)

Messer le Merle, en ce verger perché,
En bec préserve ce chester.
Messer Fennec, de l'essence éméché,
Le hèle en ces termes de frère :
"Mes révérences, Père Merle.
Bel éphèbe céleste ! Esthète ! Gente perle !
Je ne mens : tes vers, tes ensembles,
Tes chères pennes se ressemblent.
Je te vénère en chef et en elfe des bêtes."
De tels encensements mettent le Merle en fête;
Se présente cette vedette :
Le bec enflé se fend et le chester s'éjecte.
Le Fennec le reprend, et jette : "Excellent Père,
Le secret est très sévère :
Le lèche-fesses des benêts se sert.
Je vends cette pensée en termes de chester."
Le Merle, hébété et gêné,
Se rend le lent serment de n'être re-berné.


3 bis Le merle et le fennec (GEF - octobre 1998.)

Messer le Merle, en ce verger perché,
En bec préserve ce chester.
Messer Fennec, de l'essence éméché,
Le hèle en ces termes de frère :
"Mes révérences, Père Merle.
Bel éphèbe céleste ! Esthète ! Gente perle !
Je ne mens : tes vers, tes ensembles,
Tes chères pennes se ressemblent.
Je te vénère en chef et en elfe des bêtes."
De tels encensements mettent le Merle en fête;
Se présente cette vedette :
Le bec enflé se fend et le chester s'éjecte.
Le Fennec le reprend, et jette : "Excellent Père,
Le secret est très sévère :
Le lèche-fesses des benêts se sert.
Je vends cette pensée en termes de chester."
Le Merle, hébété et gêné,
Se rend le lent serment de n'être re-berné.


3 quater Ganga and chacal (Pascal Kaeser novembre 1998)

Agha Ganga dans catalpa
Agrafa par clap cantal gras.
Agha Chacal, captant santal,
Lâcha flagrant bla-bla bancal :
"Ah ! Salam, grand radjah Ganga.
Caramba ! Pas mal ! Charmant gars !
Sans fard, dans cas chant d'apparat
Valant falbalas d'Alhambra,
T'as Brahma dans sang, as flambant !"
Galant bla-bla ! Ganga, bavant,
Campant La Callas dans "Martha",
Cracha l'astral cantal par-là.
Chacal, l'attrapant, jacassa :
"Bah, fada ! Charlatan gagna,
Car flatta fat, canard vantard.
Va savant... sans cantal d'Allah !"
Agha Ganga, hagard, blafard,
Sacra : - Pas ça à la Scala !

4 Raccourcis

Corbeau-Renard (J. de LAF)
Corbeau, fromage
Renard, langage :
Beau, si ramage égale plumage,
Vous Phénix
Corbeau joie ; ouvre bec, fromage tombe.
Renard prend ; moralise
Corbeau Grosjean
Clean Amen

5 Abrégé

Le cornard (Jean-ne)(coupe éclair, coupe claire)
Cornard, sur un archet,
Jura, mais tard, que plus on l'y prendrait.


6 S + 7,65

La Corniche et la Reinette (Jersey de la Force)
Matrone Corniche, sur une ardoise perméable,
Tenait en son béret une fuite
Matrone Reinette, par l'ogive alléchée,
Lui tint à peu près ce lardon :
"Hé ! borné moralisateur, du cornichon.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez bon !
Sans mentir, si votre rapace
Se rapporte à votre pogrom,
Vous êtes le photomaton des huîtres de ces bonhommes. "
A ces mouillages la corniche ne se sent plus de journée ;
Et pour montrer sa belle volve,
Il ouvre une large belle, laisse tomber sa prononciation.
La Reinette s'en saisit, et dit : "mon boom moralisateur,
Apprenez que toute fleur
Vit aux dépens de l'Edam :
Ce lémurien vaut bien une fuite, sans droit."
La corniche, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait poil.

7 Argotique

Le Cave et le Vachard (Jeannot de Château-Lapompe)
Un Cave, bien planqué, kif un mac,
Bouffait en lousdé un calendos
Le gonze Vachard, sentant schlinguer l'matos,
Essaye de l'avoir à l'arnaque
"Hé ! ça boume Boss Lavedu,
T'es vraiment maous ! Et t'en jette un jus !
Sans charrier, si ta goualante
Est aussi bath que tes fringues
Roule les mécaniques, t'es l'caïd du bastringue."
Esgourdant, fleur de nave se sent pus pisser ;
Et pour pousser sa goualante
Il desserre ses ratiches, laisse tomber l'calendo.
Le Vachard s'le morgane, et bonnit : "Mon poteau,
J' t'affranchis "si t'encaisse des salades
Tu te retrouves en deux coups les gros en calcif
Avec ton fromgi bouffé par le faisan
Qui t'l'a fait au boniment "
Le branque, allant au cri sur le ruban,
Renaude, fumasse, qu'on l'baiserait plus, bécif.


8 Sans jambage

un ara versus un mérou (zan en eau)
un ara, sur un roc,
conserve sous son nez un vermisseau menu
une maman mérou aux sens émus,
susurre " monsieur mon ami, mon amour
vous au minois camaïeu, à voix sonore
vous avez mon cœur, ma vie
vous un roi, un mars sous ces cieux."
voici mon oiseau encensé;
comme sirène émue, murmure
"merci cousine, vous avez mon âme"
sire ara en un sourire, évacue son ver
ma mérou consomme ver cru , mais sermonne
"souvenez-vous : scène cousue main
mon air énamouré vous a ravi
un encenseur arrive à vivre ainsi"
sire ara en courroux , soucieux, marri, amer,
rumine avec assurance onc ne s'asservira


9 Monosyllabes calembouriques

Le chat et le rat (Jean de La Fain)
Chef rat Li, tout en haut d'un if
Tient fort du bon thé et un beau Bleu
Chef Chat lent, par le sens de son pif,
Lui dit ces mots laids peu à peu :
"Hé ! Hé, mon bon rat . Mon rat beau
Que tu as les yeux doux ! que tu as de longs os!
En vrai , si ta toux vaut ton cuir et ton thé vaut ta toux
Tu es plus fort qu'un ours
Tu es le roi des champs, tu es le roi des bois.
Pour peu que tu me payes un pot de vin"
A ces mots le rat vit, ne se sent pas de joie ;
Il vient au sol, et paye un coup au chat
Le Chat le prend et dit : "Mon bon rat,
Qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez
Pour moi est proie : c'est ma loi
Je vis en fait non de bleu mais de rats":
Ce bon tour vaut bien un bleu bien gras"
C'est pour le rat un stress, un choc, un coup très bas.
Il n'y croit plus très fort, et c'est pour lui la fin.


10 Fabliau en un acte et cinq scènes

Les deux plaideurs et le fromage. (Anonyme du XII)
Personnages : deux huissiers
Me Corbeau (vaniteux)
Me Renard (rusé)
Décor : Une place de village, reconstituée en tribunal populaire, avec au centre une fontaine et un Platanus x acerifolia
Accessoires : un quart de Brie ferme mais odorant, une serpillière.
Scène 1 Corbeau dans le platane est coi. Renard ne dit mot mais renifle.
Scène 2 Renard argumente pour que Corbeau descende. Corbeau trouve la faille juridique : Renard le fait chanter.
Scène 3 Corbeau ergote et Renard plaide tandis que le Brie cherre.
Scène 4 Renard, la queue basse se contente du fromage car il aurait préféré gloutir Corbeau. Il pleure et pisse de rage.
Scène 5 Corbeau pisse de rire car il n'aime pas les pâtes fermentées. A la parfin il fait un bras d'honneur à son confrère.
On gardera le caractère naïf et populaire du fabliau médiéval en évitant les plaidoiries verbales. Les cinq scènes seront donc plus judicieusement mimées que parlées.
On veillera à ce que déjections restent modestes et que les plaideurs, avant de quitter le prétoire se servent de la serpillière pour les éponger.



martes, 8 de enero de 2019

une voix de Mégère. - in translation

SOURCE TEXT (La Fontaine, français, 1668 ): ... une voix de Mégère.

ENGLISH VERSIONS

  • Elizur Wright (US, 1882): ... with voice like shrieking sprites.
  • Sir Brooke Boothby (UK, 1809): Keeping a harsh discordant squall. (Whole verse taken up!)
  • Eunice Clark (US, 1948): And their shrewish caterwaulings. (Whole verse taken up!)
  • Paul Hookham (US, 1916): With ... and voices rough.
  • Norman Shapiro (US, 2007) : ... and with quite / The most shrew-like of chirps. ... (half a verse followed by the next half verse) PS. Translator's note informs that: The name Megaera has long been used in French to allude to a shrewish female, as in La Mégère apprivoisée, the usual French translation of The Taming of the Shrew. Hence my translation of "voix de Mégère" (Megaera-voice).
  • Marianne Moore (US, 1965) ... with Megaera's voice ...
  • Unknown Victorian (1884): ... and with Megaera's cry.
  • Robert Thomson (UK, 1806): ... Megaera's voice or cry:


English incidences:

  • References to Megaera: Moore, Thomson, unknown Victorian
  • References to other creatures of the night: Wright (like shrieking sprites),
  • References to "shrew" as in unpleasant female: Clark (shrewish), Shapiro (quite the most shrew-like)
  • Other negative adjectives: Boothby (harsh discordant), Hookham (rough),


VERSIONES ESPAÑOLAS

  • Bernardo María de Calzada (1787): Y de voz asperísima. ...
  • Traducidas en verso castellano (1883): Con acento de Megera, (Whole verse taken up!)

VERSOES PORTUGUESAS

  • Francisco Manuel do Nascimento (1813): ... voz trombona.
  • Teófilo Braga (2014): ... de voz tão repelente, 
  • ??? (18??) ... e voz de Megera.

VERSIONI ITALIANE

Emilio de Marchi (XIX secolo): ... e rauchi al canto,


DEUTSCHE VERSIONEN

Ernst Dohm (1913) ... mit krächzend rauer Stimme.


SVENSKA VERSIONER

Gustaf Holmér (1986) : ... med en röst som en Megäras. (PS. Annotation explaining the reference: Megära var en av hämndgudinnorna. Also, in Swedish it's pronounced with a "hard G" or voiced velar plosive, as in "gap.").




lunes, 24 de septiembre de 2018

Le Petit Chaperon Rouge face à Cerbère

Expérimentation générique et dialogisme intertextuel : Perrault, La Fontaine, Apulée, Straparola, Basile


Ute Heidmann

According to Ute Heidmann, Perrault’s tales have very complex intertextual relations with other generic forms which already existed in other European literatures. Heidmann demonstrates here how Perrault experiments “generically” with the fairy tale and how he creates new generic forms from other tales by Apuleus, Straparola, Basile, or La Fontaine. This dialogic process is here underlined by the analysis of three particular fairy tales, Sleeping BeautyLittle Red Riding Hood (in this fragment) and Blue Beard. Heidmann shows how, by introducing key differences with the Latin, Italian and French models, Perrault succeeds in creating a new generic variation of the fairy tale : “the pseudo-naïve fairy tale”.


'[···] canis namque praegrandis, teriugo et satis amplo capite praeditus, immanis et formidabilis, tonantibus oblatrans faucibus mortuos, quibus iam nil mali potest facere, frustra territando ante ipsum limen et atra atria Proserpinae semper excubans servat vacuam Ditis domum. hunc offrenatum unius offulae praeda facile praeteribis ad ipsamque protinus Proserpinam introibis, quae te comiter excipiet ac benigne, ut et molliter assidere et prandium opipare suadeat sumere. sed tu et humi reside et panem sordidum petitum esto, deinde nuntiato quid adveneris, susceptoque quod offeretur rursus remeans canis saevitiam offula reliqua redime [···].'
[···] et offulae cibo sopita canis horrenda rabie domum Proserpinae penetrat. nec offerentis hospitae sedile delicatum vel cibum beatum amplexa, sed ante pedes eius residens humilis cibario pane contenta Veneriam pertulit legationem. statimque secreto repletam conclusamque pyxidem suscipit et offulae sequentis fraude caninis latratibus obseratis residua [···]

Apuleius, Asinus aureus.


The grandmother lived out in the woods, half a league from the village, and just as Little Red Riding-Hood entered the woods, a big bad wolf came across her. Red Riding-Hood did not know what a wicked creature he was, and was not at all afraid of him.

"Good-day, Little Red Riding-Hood," said he.

"Thank you kindly, Mr. Wolf."

"Whither away so early, Little Red Riding-Hood?"
"To my grandmother's."
"What have you got in your apron?"
"Cake and buttermilk; yesterday was baking-day, so poor sick granny is to have something good, to make her stronger."
"Where does your grandmother live, Little Red Riding-Hood?"
"A good quarter of a league farther on in the wood; her house stands under the three large oaks, the nut-trees are just below; you surely must know it," replied Little Red Riding-Hood.
The wolf thought to himself, "What a tender young creature! what a nice plump mouthful -- she will be better to eat than the old lady! I must act craftily, so as to catch both." So he walked for a short time by the side of Little Red Riding-Hood, and then he said, "See Little Red Riding-Hood, how pretty the flowers are about here -- why do you not look round? I believe, too, that you do not hear how sweetly the little birdies are singing; you walk gravely along as if you were going to school, while everything else out here in the woods is merry."
Little Red Riding-Hood raised her eyes, and when she saw the sun's rays and the butterflies dancing here and there through the trees, and pretty wildflowers and nuts growing everywhere, she thought, "Suppose I take grandmother a fresh bouquet, and a handful of nuts; that would please her too. It is so early in the day that I shall still get there in good time;" and so she ran from the path into the woods to pursue butterflies, and to look for wildflowers and nuts. And whenever she had picked one, she fancied that she saw a still prettier one farther on, and ran after it, and so got deeper and deeper into the woods.
Meanwhile the big bad wolf ran straight to the grandmother's house and knocked at the door.
"Who is there?"
"Little Red Riding-Hood," replied the wolf. "She is bringing cake and butter; open the door."
"Lift the latch, and the door will open," called out the grandmother, "I am too weak, and cannot get up."
The wolf lifted the latch, the door flew open, and without saying a word he went straight to the grandmother's bed, and devoured her. Then he put on her clothes, dressing himself in her négligée and nightcap, laid himself in bed and drew the curtains.
Little Red Riding-Hood, however, had been running about picking flowers, and when she had gathered so many that she could carry no more, she remembered her grandmother, and set out on the way to her.
She was surprised to find the cottage-door standing open, and when she went into the room, she had such a strange feeling that she said to herself, "Oh dear! how uneasy I feel today, and at other times I like being with granny so much." She called out, "Good morning," but received no answer; so she went to the bed and drew back the curtains. There lay her grandmother with her nightcap pulled far over her face, and looking very strange.

"Red Riding-Hood," word of mouth.

« Il te suffira de lâcher une galette »   le Petit Chaperon Rouge face à Cerbère



38La suite de la descente aux Enfers confronte Psyché à de nouveaux dangers qui permettent à Perrault de « fabriquer » son deuxième conte  : Le Petit Chaperon Rouge. De nouveau, Perrault introduit des différences significatives, non seulement par rapport à la fabella d’Apulée, mais aussi par rapport au « badinage » du conte galant de La Fontaine 52.



39Pour arriver chez Proserpine, Psyché affronte un énorme chien « aboyant d’un gosier tonitruant » et « formidablement monstrueux ». La tour bienveillante lui indique comment ne pas se faire dévorer par ce chien monstrueux  : « Il te suffira de lui lâcher une galette pour l’apprivoiser et qu’il te laisse passer. » Une fois le chien monstrueux apprivoisé, lui dit la tour, « tu seras vite chez Proserpine, qui t’accueillera courtoisement et bienveillamment, jusqu’à te proposer de t’asseoir à ton aise et de prendre un généreux repas ». Psyché devra absolument refuser cette proposition de s’installer « mollement » sur le siège confortable  : « Mais toi, assieds toi par terre et demande du pain noir à manger. » Psyché devra ensuite reprendre le récipient rempli et « racheter son passage au chien furieux » avec la « galette restante56 ». Si Psyché doit traverser les ténèbres munie de deux galettes et du récipient pour aller à la demeure de la Grande déesse des morts, le Petit Chaperon Rouge doit traverser un bois pour porter « une galette et un pot de beurre » à la maison de sa « Mère-grand ». À la différence notable de la protagoniste du conte ancien, si bien conseillée par la tour, celle du conte moderne ne reçoit aucun conseil avant de se mettre en chemin. Sa mère, dont il est pourtant dit qu’elle était « folle » d’elle, ne lui fait aucune recommandation avant de l’envoyer traverser le bois pour se rendre à la maison de sa Mère-grand.



40Le comportement de ce Petit Chaperon Rouge ignorant des dangers apparaît par la suite, comme l’exacte inversion de celui de Psyché qui exécute scrupuleusement les conseils de la tour. Au lieu de suivre le chemin mal frayé « directement »le petit chaperon rouge s’en va « par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, & à faire des bouquets des petites fleurs qu’elle rencontroit». Au lieu de passer sans « ouvrir la bouche et sans répondre aux sollicitations », elle s’arrête pour bavarder et répondre aux questions de « compère le Loup ». Malgré sa peur de la « grosse voix » contrefaite du Méchant Loup, elle entre dans la maison de sa Mère-grand avec beaucoup moins de précaution que sa sœur antique franchissant le seuil du palais de la Grande déesse des morts gardé par Cerbère. Au lieu de « fermer la gueule au chien aboyeur grâce au truc de la galette restante59 », comme le fait Psyché, le Petit Chaperon Rouge pose à la demande du Loup « la galette & le petit pot de beurre sur la huche ». Enfin et surtout, au lieu de refuser le « siège moelleux », comme le fait Psyché qui reste « humblement assise » par terre, « le Petit Chaperon Rouge se deshabille, & va se mettre dans le lit ». La scène du lit se termine par une dernière inversion de l’aventure infernale de Psyché. Au lieu de « ressortir des Enfers nettement ravigotée», le Petit Chaperon Rouge y reste définitivement  : « Ce Méchant Loup se jetta sur le petit chaperon rouge, & la mangea. » La protagoniste de Perrault fait donc précisément ce que la tour bienveillante avait dit à Psyché de ne pas faire. Le narrateur indique très clairement la raison de ce comportement fatal  : « La pauvre enfant [...] ne sçavoit pas qu’il est dangereux de s’arrester à écouter un Loup. »
41Les lecteurs qui lisent le conte du Petit Chaperon Rouge comme une réponse intertextuelle à cet épisode de l’histoire de Psyché en comprennent la « morale cachée » et « très sensée ». La fabella fournit à Perrault les éléments qui lui permettent d’inventer une nouvelle histoire à partir de l’épisode de la descente aux Enfers. Pour doter ce noyau d’histoire ingénieuse d’une morale utile, Perrault la transpose et la retourne. Ce « retournement » révèle surtout une chose  : la responsabilité de la mère qui n’a pas averti sa fille des mauvaises rencontres qu’elle pourrait faire en sortant seule. Vêtue d’un petit chaperon de couleur voyante, qui met en valeur ses attraits, il lui manque l’assistance d’un « Grand Chaperon », une duègne sensée protéger l’honneur des jeunes filles. La signification de ce terme vieilli et le jeu de langage ironique qu’il implique étaient certainement perçus par les lecteurs et lectrices de l’époque.

As Jane Ellen Harrison notes, in Mythology, "the Hebrew word for "good" meant primarily "good to eat" (p. x). Thus, perhaps, to some extent, the meaning of "good" continues on some subliminal level to point toward the idea "good to eat." Let's think about this: The divinely inspired Tower's advice to Psyche, that she must refuse the "magnificent meal" Persephone offers her emphasizes that, in Tartarus, no matter how things may appear, Psyche is threatened by what is NOT good.



Square 31 The BARLEY CAKE in the air that Psyche throws to the three-headed guard dog CERBERUS. The most difficult challenge for Psyche at this point is that she has to repeat each of these acts on her way up and out of the underworld: hide the second coin for the ferryman (Charon), the second cake for Cerberus, all the while refusing to succumb to pity. This is the first time in the myth that she has to show this self control. No gods or animals come to her aid. The painter (Lynn Taber) shows other broken offerings on the ground in front of the dog’s mouth. And the prickly pear, larger now, makes an appearance from the lower right hand corner, waiting for her return. 



Square 32 At PERSEPHONE’S TABLE, Psyche asks only for coarse bread and sits on the ground to eat as the tower instructed. All these ritual tokens mark Psyche as a visitor to the land of the dead. Her offerings set her apart from the dark life of the shades in (the realm of) Hades. In psychological terms it would mean that she does not identify with the unconscious. By this point Psyche is strong enough— having been tested by despair and suicidal feelings several times in the course of her journey—to carry out the tower’s orders. She maintains her egoconsciousness in the face of unconscious energy pulling her down and under. ... which adds to her heightened awareness of the responsibility she is carrying.


miércoles, 8 de junio de 2016

ON MY OBITUARY FOR GUSTAVUS ADOLPHUS

Inspired by thirst
for glory, on the field of battle quaffed
instead death's bitter draught.

Thus read the words that grace this site on every 6th of November, as obituary for the Hero King of Lützen.
But where did they come from?

They actually describe the demise of the second young man in the La Fontaine fable, illustrating warfare as a bringer of death in general and of death to young people in particular. The verses applied to Gustavus are the translation of this character's fate as Englished by Paul Hookham.
The original French has:

[···] afin de monter aux grandes dignités, 
par un coup imprévu vit ses jours emportés. 


While the more famous English translation by Elizur Wright has:

In quest of dignity at court,
[···] met his country’s foe,
and perish’d by a random blow.

A third English translation has:

[···] filled with martial zeal,
bore weapons for the common weal,
and in a battle had the lot
of falling by a random shot.

The official Swedish version by has:

[···] ville uppnå den högsta värdighet,
och tjänade [···] som en av Ares' fränder,
men träffad av ett skott han snart i gräset bet.

The Italian translation:

[···] non meno ardente
d'onor, per la sua patria
pugnando, entro la mischia
d'un colpo al suol restò.


The German translation:

[···] der im Dienst des Kriegs bewährt und brav,
stolz, in der Republik ruhmreichem Heer zu stehen,
verlor das Leben, als ein Schuss ihn plötzlich traf;


And last but not least, in Spanish, my own mother tongue:

[···] deseoso de altos timbres,
sirviendo a la república en lucidos
y marciales empleos, vio sus días
terminados por un golpe imprevisto.

Long story short: all of the versions deal with the death of a young man upon the battlefield, due to a gunshot, stressing the fatality of warfare and that of firearms.
Notice how the French original stresses both of these facts as succinctly as can be, while the Italian translation stresses the young man's passion, his patriotism, and the fierceness of the combat (after all, Italians had had to give it all for their freedom during the nineteenth century). The Spanish translation stresses the high ambition and the brightness of the young warrior. The German version speaks of national pride and sense of duty: the typically Prussian attitude to warfare for both lieutenants and rankers.

But it was the Hookham English version that struck me. Not only does it low out the gun altogether, but it portrays his death as for a nobler cause, by using the metaphor of a bitter drink of poison that has to be drained to the last drop for the drinker to go down in history and eternity. Of the ambitious young man as, hot-blooded as he is, unquenchably thirsty (for renown, for excitement, for power, for conquest, for feats of derring-do), and only refreshed with that last cold draught of poison at the end of the day. Whether a drop of liquid, a stab, or a gunshot, something slight yet lethal winds up sealing the hero's fate and satisfying all of his desires (irony, considering his achievements in wartime and peacetime, which have not been able to "quench his thirst"), crowning the quest of a short lifetime and raising that person's name to posterity.
To quench his thirst for glory, he quaffed death's bitter draught. That metaphor speaks volumes. It goes beyond the national character boundaries of the Spaniard, "deseoso de altos timbres y lucido"; of the Prussian, "bewährt, brav und stolz"; of the Italian, "ardente d'onor, per la sua patria pugnando, entro la mischia"... of the Swede, who "tjänar för att uppnå den högsta värdighet"; and of the Frenchman who started it all, with a desire "de monter aux grandes dignités" slightly more pronounced and passionate than the Swede's. Not to mention the other Anglos, one "ready to meet his country's foe in quest for dignity at court"; the other, less ambitious and more passionate, "filled with martial zeal." Beyond all of these differences, Hookham's are words that could be said of any wartime martyr. And thus, I chose them as my personal obituary for Gustavus Adolphus.