Mostrando entradas con la etiqueta neighilde. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta neighilde. Mostrar todas las entradas

sábado, 30 de septiembre de 2017

SUR JEAN LORRAIN ET NEIGHILDE

Poète, même en verre. Poésie et poétique du conte-bibelot autour de 1900

Poet, even with Glass. Poetry and Poetics of the Ornament-Fairy Tale in the 1900s
Cyril Barde

Des vies encloses : les Princesses d’ivoire et d’ivresse de Jean Lorrain

Contes d’ivoire et de nacre : un « devenir-bibelot »


14Si les prodiges des verriers Art nouveau font germer le conte à l’intérieur même de l’écriture critique, le conte fin-de-siècle cherche réciproquement l’effet poétique dans ce « devenir-bibelot » dont parle Bernard Vouilloux. Nous proposerons de lire le recueil des Princesses d’ivoire et d’ivresse de Jean Lorrain, publié chez Ollendorff en 1902, comme une œuvre exemplaire de ce processus. Jean Lorrain ne cesse de matérialiser son recueil. Ses princesses sont « d’ivoire et d’ivresse », « d’ambre et d’Italie », ses princes « de nacre et de caresse », tandis que d’autres contes se parent « de givre et sommeil » quand ils ne se trament pas « dans la tapisserie ». La métaphore topique de l’écriture-bijou, de l’écrivain ciseleur semble ici remotivée par Lorrain. Rachilde imagine le livre non pas comme la métaphore mais comme le prolongement de la main baguée de l’auteur :

Jean Lorrain poète est supérieur en attitude à Jean Lorrain voitureur des commodes poubelles de la conversation. Il aime la femme en sculpteur dont les doigts seraient trop chargés de bagues et il laisse tomber des gemmes précieuses, sans doute mal serties, sur l’ivoire ou l’argile, comme on pleurerait de vraies larmes d’enthousiasme. En cette nouvelle galerie de statuettes et d’émaux, pas de notes discordantes. La poésie chante seule.
15Dans ces lignes encore, conte et poésie semblent s’amalgamer à la faveur d’une poétique lapidaire. L’image de la larme, que nous avons déjà repérée chez Montesquiou, revient ici de manière intéressante. Elle suggère aussi une analogie entre la forme de la goutte d’eau, ronde et close, et la condensation formelle du conte, petit récit autonome. En outre, le recueil, dans sa matérialité même, tend à se faire objet d’art. La belle couverture Art nouveau réalisée par Manuel Orazi pour l’édition de 1902 y contribue de manière décisive : les princesses hiératiques de l’arrière-plan et l’étrange gnome du premier plan portent d’énigmatiques vases ou coffrets, allégories de la procession des récits dont le recueil s’apparente au geste du collectionneur.

16Le devenir-bibelot s’empare aussi des nombreux personnages caractérisés par leur froideur d’âme. L’ivoire et la nacre dont sont faits ces princes et princesses égoïstes semblent matérialiser leur figement narcissique. Le conte « Narkiss », significativement dédié au bijoutier René Lalique, procède d’une poétique de l’incrustation qui se manifeste déjà dans les sonorités abruptes de son titre. Le jeune homme dédaigneux, amoureux de lui-même, ne se métamorphose pas en fleur sous la plume de Lorrain. Il devient littéralement gemme, fait corps avec une nature elle-même pétrifiée, un paysage minéralisé. Les princesses vaniteuses sont quant à elles vouées à leur miroir, à la glace métonymique de leur cœur gelé.

Contes de givre : enclore une « poésie d’âme simple »


19Gallé, nous l’avons vu plus haut, est apprécié des écrivains de la fin du siècle parce qu’il sait spiritualiser la matière, lui infuser son rêve ou peut-être quelque chose de plus fugace encore, de plus essentiel aussi : la dimension même du temps. L’attention portée par bien des écrivains aux effets de givre ou de glace obtenus par Gallé peut être lue ainsi. Le givre et la glace figent un flux, retiennent un instant dans une cristallisation précaire. Il est intéressant de noter que dans le grand roman proustien, les deux mentions explicites des vases de Gallé associent la neige et la glace à un vif souvenir sentimental. La première occurrence intervient alors que le narrateur, en séjour à Balbec, vient d’apercevoir le groupe des jeunes filles en fleurs sur la plage. La phrase sinueuse semble accomplir dans le même temps la métamorphose de la mer en verrerie et la cristallisation du souvenir des jeunes déesses surgies de l’écume :

Au fur et à mesure que la saison s’avança, changea le tableau que j’y trouvais dans la fenêtre. D’abord il faisait grand jour, et sombre seulement s’il faisait mauvais temps ; alors, dans le verre glauque et qu’elle boursouflait de ses vagues rondes, la mer, sertie entre les montants de fer de ma croisée comme dans les plombs d’un vitrail, effilochait sur toute la profonde bordure rocheuse de la haie des triangles empennés d’une immobile écume linéamentée avec la délicatesse d’une plume ou d’un duvet dessinés par Pisanello, et fixés par cet émail blanc, inaltérable et crémeux qui figure une couche de neige dans les verreries de Gallé.

20La phrase de Proust saisit magistralement le processus de condensation à l’œuvre dans les verres de Gallé. Il s’agit de capter le flux dans une forme qui ne le fige pas mais préserve sa ductilité. La conjonction de la syntaxe souple et de l’image fixée, de la fragilité et de la solidité, de l’effilé et du durci dit cette tension subtile. La seconde mention de Gallé apparaît dans Le Côté de Guermantes, au moment où le narrateur vient de recevoir la cruelle carte de Mme de Stermaria, qui annule le rendez-vous tant espéré : « Bientôt l’hiver ; au coin de la fenêtre, comme sur un verre de Gallé, une veine de neige durcie. » La neige redouble en quelque sorte la fonction du vase de Gallé : elle cristallise, dans une texture infiniment fragile et délicate, une promesse ou une blessure, une trace du temps toujours promise à l’évanouissement. À ce titre, le verre Art nouveau peut être considéré comme la version élitiste des objets-souvenirs de verre dont le xixe siècle raffole, ainsi que le rappelle Celeste Olalquiaga dans Royaume de l’artifice. Presse-papiers enfermant paysages ou portraits de proches et autres boules de neige de verre sont autant de dispositifs qui visent à « captur[er] [le temps] juste au moment où il paraissait de plus en plus évanescent devant la course folle de la modernité […] : devenu un produit rare, le cristalliser, l’enfermer dans un objet se transforma en obsession culturelle ».

21Nous proposons, à partir de cette réflexion, de remotiver la comparaison suggérée par Philippe Jullian entre les verres de Gallé et les contes de Lorrain. Si les contes des Princesses d’ivoire et d’ivresse semblent placés sous une couche de givre — ou de verre —, c’est qu’ils fonctionnent à leur tour comme ces objets-souvenirs, chargés d’enclore une trace du passé. Le conte givré retient la poésie des temps enfuis, du temps perdu de l’enfance. Le recueil est significativement situé sous le signe de l’hiver et de la cristallisation qui caractérise cette saison, dont le nom résonne heureusement avec « verre ». La préface s’ouvre sur l’évocation des « ciels mouillés de décembre » qui inspirent le désir de retrouver, au coin du feu et dans le secret de la chambre, les contes de l’enfance. Il s’agit bien de préserver des récits disparus et délicieusement surannés, « remplacés aujourd’hui par des livres de voyages et de découvertes scientifiques ». Il s’agit donc, pour le conteur, de retrouver le charme des contes du Nord, « semés de flocons de neige» que lui rapportaient les matelots de Terre-Neuve, de préserver cette « poésie d’âme simple », c’est-à-dire leur aura. De ces récits primitifs, le conteur a particulièrement retenu la figure de la Reine des Neiges qui vient « du bout de ses doigts raidis, dessiner sur les vitres les grandes fleurs fantasques et les arborescences du givre ». C’est encore le rêve de l’hiver et du verre qui s’impose à Lorrain lorsqu’il s’agit de passer en revue les personnages qui peuplent le recueil. La brève énumération se clôt ainsi :

[…] d’autres figures plus mystérieuses […] apparaissent enfin çà et là, sous le clair de lune et la neige floconnante, dans la magie glacée des nuits d’hiver… Captives dans des châsses de verre, […] elles descendent à la dérive les eaux lentes des fleuves ou dorment sous les coraux blancs des forêts immobilisées par le gel : des gnomes vêtus de vert les gardent et ce sont les reines de givre et de sommeil, les albes princesses de l’Hiver.
Les cristallisations hivernales et l’objet de verre se rencontrent dans une rêverie matérielle qui engage tout le recueil. Conte de givre, conte d’hiver, le récit emprunte à la matière cristallisée sa capacité à capturer la trace d’une émotion, d’un sentiment, d’un souvenir.

22Le motif de la relique, qui culmine dans la dernière section du recueil (« Contes de givre et de sommeil »), peut être pensé dans la perspective de la poétique — et de la poésie — du conte de Jean Lorrain. Le devenir-bibelot du recueil, sa « féerie gelée » qui s’acharne à incruster, enchâsser, capturer et pétrifier ses personnages, semble vouloir préserver le charme évanescent d’une époque révolue et l’aura de récits anciens, menacés par le règne du scientisme. Bertrade, l’héroïne de « La Princesse sous verre », subit le sort des récits d’antan. Oubliée et méprisée, « enfermée dans sa châsse aérienne » après de longues années de dévotion, elle n’évoque plus rien aux profanes qu’« une vague héroïne de conte». La fin du texte lui promet pourtant une nouvelle fraîcheur et rend à « la châsse de cristal, reluisante et lavée, […] l’éclat des anciens jours ». Le conte « Neighilde », également situé dans la section des « Contes de givre et de sommeil », et inspiré de « La Reine des Neiges » d’Andersen, peut aussi se prêter à une lecture métatextuelle. Le petit Kaï est captif du palais glacé de Neighilde, telle « une relique dans une châsse de verre ». Élevé au milieu des contes de sa grand-mère, il rappelle étrangement l’enfant de la préface du recueil, captivé par les récits des marins de Terre-Neuve. Kaï serait la personnification de cette enfance enfuie que les contes des Princesses tentent malgré tout d’enclore et de préserver. Dès lors, le conteur adulte se projetterait moins dans la figure de Kaï que dans celle de Neighilde, gardant jalousement le jeune garçon dans sa colonne de glace, bientôt délivré par la tiédeur des pleurs de Gerda. Cependant, la libération de l’enfant et la promesse du printemps ne peuvent coïncider qu’avec la fin du texte. Les contes du recueil, qui tiennent — et disparaissent — avec la glace des palais de Neighilde, pourraient se lire comme autant de chambres de givre promises à la fonte, de châsses de verre fragiles où le conteur contemple mélancoliquement ses personnages endormis et prisonniers. Le recueil se fait cercueil de glace et de cristal. Lorrain aime les contes, en ces temps de positivisme et de scientisme, comme on aime les mortes, comme on se voue aux reliques. Aimer les contes, c’est pour lui savoir enclore leur « poésie d’âme simple », protéger sous une couche de givre et de neige l’émotion fragile qu’ils suscitent. La poésie du récit merveilleux, comme celle des verres de Gallé, réside surtout dans la condensation d’une « atmosphère de féerie et de rêve». Croire au conte, autour de 1900, c’est donc avant tout croire aux pouvoirs d’une écriture capable de préserver la féerie ensommeillée, dans l’attente d’une reverdie qui rendra les reliques à la ferveur primitive. Ainsi apparaît la Princesse sous verre, à la fin du texte, après avoir pardonné au prince sacrilège qui l’a mutilée : « [Elle] rayonnait étincelante d’une surnaturelle clarté ; autour d’elle la neige floconnait douce et lente, et, sous le translucide reliquaire de cristal, son front transparaissait orné de roses de Noël, non plus factices, mais fraîches écloses. »
Haut de page

Notes
30 Voir C. Barde, « Jean Lorrain et le merveilleux Art Nouveau », dans P.-J. Dufief et G. Mélison-Hrichwald (éds), Écrire en artistes des Goncourt à Proust, Paris, Honoré Champion, 2016, p. 246-250.
40 C. Olalquiaga, Royaume de l’artifice. L’Émergence du kitsch au xixe siècle, Lyon, Fage, 2013, p. 62.

martes, 8 de noviembre de 2016

SNAEHILDUR - JEAN LORRAIN

This is a Belle Époque-era retelling of The Snow Queen, written by French symbolist author Jean Lorrain, translated straight from the French, freely yet retaining the lyrism of the original, by me... and inspired by this summer's Iceland trip, by the way...



PREFACE.

Against bleak December skies, as passers-by scarred by the cold make haste in the corners of the street pavement and the North wind fiercely cat-scratches the ragamuffins huddled upon hard cobblestones, how sweet it would feel to descend once more into the past, to become a child again, and, huddled by the red-glowing fireside, in the warmth of an enclosed chamber, what a respite and what a solace it would feel for these poor eyes deluded by life to recover thanks to the charm of old storybooks, of those old illustrated giftbooks of yore, and to be able to believe once more in fairytales!
These fairytales, which have been nowadays replaced by adventure and science fiction novels, these wonderful stories that speak to the heart through imagination and prepared compassion by the clever means of feeling sorry for elusive princesses, in what an atmosphere of enchantment and rêverie, in which ecstasy of the awestruck and throbbing little soul did they cradle the first years of my life! And how much I cry for the children of this generation, who read Jules Verne instead of Andersen!

As for me, I swear, I have adored them and worshipped them even in a savage manner, these fairytales which nowadays are outlawed and disdained; and those were foggy tales, lit by the moon in the pouring rain; upon which snowflakes had been sown. Tales of the North, for I have not known myself the sunny enchantment of southron climates until quite late in my lifetime.
It was on the shores of a stormy and steel-blue Atlantic Ocean, perpetually striped with foam, in a little west-coast village besieged by the western winds, that I spent the whole of my childhood. Since November, there was nothing but hailstorms and thunderstorms, and, during the nights, heavy packboats sailed across the docks with the sinister hoot-hoot-hoot of gigantic owls. The tales we were told by bearded old salts, plunged up to half-way the thigh in dripping Wellingtons, were scented, like their tellers, with fog, melted snow, hail, and ocean; they were more often tales of nights than of lights, of moonlit shipwrecks than of horse-rides on ruddy mornings; yet I adored their melancholy, where there fluttered, kissing the waves, a slightly naive wonder, made of hope and of distress, the poetry of simple souls terrified by the ruthless force of the elements, yet warmed by nostalgia and, in spite of everything, grounded upon the faith in the return.
In our sitting room, we welcomed the captains of ships, the corresponding shipwrights, insurance brokers who had come because of any accident, and, as the gentlemen talked about business, some lovely little hand whose wrist was decked with a golden bracelet carefreely passed the pages of a fairytale album, fairytales whose pictures a sweet female voice explained to us, since we were approaching Christmas and the gift season was beginning. But how much to these cardboard-bound and gilded books, to their beautiful illustrations I preferred the tales I heard in the kitchen, in the middle of a circle of shivering maidservants, told by men in raincoats and berets! Their tales seemed far more lifelike to me, of a fantasy both more vivid and more distant, and, among these old salts' tales, there was one above all that fascinated me, a nostalgic and unsettling Northern tale that I would find again later penned by Andersen, but that, from the mouths of these harsh Icelanders, took on the savage intensity of something they had experienced and met, for they had most certainly crossed her path on the restless ocean, during their perilous voyages, that pale Snow Queen the memory of whom obsesses and enthralls me still...
Oh! That Snow Queen, standing tall within the immense crimson of her eternal empty palace! How much I loved her and dreaded her at the same time, that petrified queen, as if lethargic, of the white snow-bees, that august maiden of pale Arctic visions! That motionless and gliding traveller of the long and clear winter nights! The Snow Queen and her sleigh of spectral mists.
In my terrified mind's eye, I saw her pass impassible, quite high up in the sky, in the middle of a white maelström of flakelike snow-bees; enormous black ravens form her entourage, so ominous and dark; on her shoulders a long cape of moonbeams fluttered, unmeasurably long, in the night; and, when the frost was harsh, for me, it was still she who came to draw, with her icy fingertips, the great fantastic flowers and arborescences of the frost on the windowpanes, and I was always afraid, at midnight, of seeing before the panes of my own window her lightless eyes and her glowing brow; for, having attentively listened to the legend, I knew that, when the Snow Queen looks at you, her soul is elsewhere and her eyes cannot see you: she is far up north, far up north, even beyond the Arctic Ocean, deep within the inland ice, far up north, quite far away from straits and bays:


Up north, in lands of fire and ice,
across the stormy sea...

Out of all the tales I have heard, read, and skimmed through my childhood are born these princesses of ivory and ivresse: they are made of ecstasy, dreams, and memories. Some of these figures, even more mysterious, appear at last here and there, in the light of the moon and the slowly sifted snow, in the crisp enchantment of winter nights... Held captive in crystal glass cases, as if they were fortunate martyrs, they drift away down slow-moving streams or sleep beneath the white corals of motionless frozen forests; kobolds clad in green guard them and they are the queens of frost and sleep, the lilywhite princesses of Winter.
The tale is the same the authors have embroidered...! The diversity of these texts does nought but to prove once more the beauty of the symbol and the age of the tale, this age, this nobility of stories.


SNAEHILDUR:
A Tale of Frost and Sleep


Perchance Snaehildur journeys now
upon her frosted sleigh,
to warmer climates on a cloud
careening now away.

A speck of light in cloudy skies,
as if it were a star,
her sleigh of mist, through flurry flown,
can be seen from afar.

The packs of direwolves now howl
in woods barren and stark,
and ravens form her entourage,
so ominous and dark.

Through flurry, hail, and winter storm,
her frosty fingers lain
to reap supple ice-flowers have
on every windowpane.

The young boy, in his garret bed,
now shudders, cold, in fear;
he feels Snaehildur's watching him,
whom she can't see nor hear.

Up north, in lands of fire and ice,
across the stormy sea,
her crystal palace evermore
holds winters that will be.


Little Kai slept amidst the icy splendour in the palace of Snaehildur, in the very middle of the throne room, held within the transparence of an enormous pillar of ice; there he slept, curled up like a kitten, his fur cap pulled over his eyes, his little hands well plunged within his gloves, having become such a dainty little rarity, just like a relic kept in a glass case! 
All around him there was monotone enchantment; the palace was full of rosy pallours and blushes, of stalactites and stalagmites, and icebergs, set ablaze by the Northern Lights; other halls opened up towards infinity, despairingly vast and empty, despairingly bluish-white as well; the Arctic wind coursed crazily through the halls and corridors like a jester, and, night and day, snowflakes flurried and swirled around, chased and stirred in the corners by the blistering north winds.
They were the keepers of the palace. Ambushing at the thresholds, their piercing breaths kept the snow and the frost from sealing up the doors, and, just like an enormous white coral, thousands of needle-sharp spires of ice, rigid and gigantic, rose to pierce the night sky, enriched by all the fires of the Northern Lights and by all the changing reflections of their rainbow. The sinister and splendid palace of Snaehildur glittered like a prism in the midst of the silence of the ice sheets of the Arctic, gathered by the winter.
Eternal winter, eternal distress, eternal conflagration of the night kissed by the Northern Lights, and little Kai lived within this distress, within this solitude, within this silence, darkened and hardened by the cold under his rough fur clothes, yet indifferent to suffering, turned into a lump of ice himself ever since Snaehildur had laid her frosty hands upon his heart; indifferent to everything indeed, hallucinating in the splendour of the vast dazzling empty halls and by the wuthering vertigo of their vaults, full of darkness and of stars.
For how many years had he been there? Little Kai did not know anymore. He had lost his sense of time upon losing all his memories. Upon touching his heart, Snaehildur had quenched every flame within him; he could not remember the Swedish town where he had, as a child, played in the great market square, all bustling with cracking whips and people's raised voices, he could not remember the quaint suburb whose dark streets were so narrow that the poor who lived in the garrets visited one another by throwing planks as bridges from one windowsill to another; and in that very town, furthermore, in that very suburb, on the fifth floor of an old, tall artisans' house, there lived a good grandmother with a quivering voice, whom Kai had closely known since his earliest years; a good silver-haired grandmother who, all through the bleak winter days, a spindle held in her left hand, told legends to the two little children sitting at her feet by the fireside, those two little children who already spoke of true love.
And little Kai had once been one of these children. Little Kai had, long ago, dwelled in that distant and crowded Swedish town, where the air was bustling with cracking whips and people's raised voices. A snugly wrapped-up lad among other lads in furs, he had often skated on the great sleigh-crowded market square during the winter months; yet Kai had forgotten his own name and that of the grandmother, and the name of the street, and the name of the Swedish town where the snow sifted down for six months of the twelve in every year, spotting the uniform leaden sky with countless tiny soft white things.
Oh, the white swarms of great snowflakes in the silent air, always more frequent, always more crisp, always more dense than before! With what an excited curiosity he had then seen them dance, his nose glued to the panes of the little window, within the abode of the good grandmother; that window which was all flowering with pease-blossoms and nasturtium in June, and all framed in brittle frost all winter long! And the aged grandmother's tales called those snowflakes white bees, saying that these bees had a queen just like the golden honeybees of springtime and summer, but that this one was an ice queen, with frozen moonbeams on her shoulders for wings and epaulettes, and a longcoat made of frost and tanned with misty snow within; that her hive was located far north of the Arctic Circle and that it was, hewn completely out of the inland ice, a monotone and motionless palace, all full of pallour and splendour, an enormous, sinister palace of endless empty halls, of dazzling cupolae, transparent and rigid, eternally ablaze with the Northern Lights.
And the name of that queen was Snaehildur, and little Kai loved her and dreaded her. Oh, that fossilized and seemingly lethargic queen of winter, this august maiden of pale Arctic visions! Little Kai had loved her and he had dreaded her greatly at the same time, since the grandmother's broken voice made her so wayward and errant, and, on stormy December nights, it could happen that, looking at the sky, one may catch sight of the Queen's sleigh.
Oh, that Snow Queen with her council of old direwolves sitting by the fjords and howling at Death itself! With what delicious anxiety, with what poignant terror she thus filled the soul of little Kai!
He was presently her captive. By means of loving her, he had caught the lethal eye of the Queen, and Snaehildur had thus wanted for herself, and only for herself, the soul of little Kai. Pressed against the royal breasts, plunging into the frost on an icy, heartless chest, Kai had known the horrors and the terrors of travelling right through clouds, soaring high above towns, straits, and seas, even across the ocean itself; great flocks of storks had frozen in fear before him; great flocks of broom-flying witches had scattered, roaring as they plunged into storm-clouds; and some sailors on the deck of clippers had crossed themselves as they saw the flying sleigh that carried him pass in front of their sails.
He had seen cathedral spires appear and disappear below his feet, as well as goblin-like grotesque gargoyles, and gigantic golden archangels that blew their trumpets on the pinnacles of steeples; fortresses on mountains, monasteries in valleys, bridges across rivers and rivers across the countryside; and always, day and night, the great white snow bees swirled around them, quite high up in the pale sky; around them, a flock of enormous ravens circled on wide open wings, while, in front of the sleigh, two enormous white snow hens flew in silence; and little Kai would have wanted to say his prayers or cry for help, but Snaehildur had kissed him on the brow, and little Kai had forgot all his prayers; a piercing cold seared his whole little frame, and, racked with the pain, he had wanted to call the name of Gerda, Gerda, the little girl who, in the old garret in the suburb, before the cinders in the fireplace, listened with him to her grandmother's tales; but Snaehildur had laid the palm of her left hand on Kai's heart, and Kai could no longer remember the name of Gerda or that of her grandmother, that of the street or that of their native town, not even his own name, but he had suddenly ceased to feel the cold. A sense of well-being had taken over him, and at the same time, the full moon shone brightly, as if it had increased in size and grown rounder among the mother-of-pearl clouds, and that Snaehildur's longcoat fluttered, exceedingly long, as the flock of enormous ravens around grew denser in numbers. And, lulled by all that softness and that warmth, little Kai had fallen asleep.
Ever since, he had not awakened.
It was then that Gerda entered the throne room. Gerda was the little girl who, through the long summer evenings, sitting astride the eaves of the rooftop of her simple dwelling, on a little bench made by the two children, and placed for their sake in between their respective windows, watched with Kai how the swallows flew and how the honeysucke flowers fluttered in the breeze.
Curled up at her grandmother's feet, she had heard more than once the tales of Snaehildur, and she believed, like Kai, in the existence of the snow bees and in the icy enchantment of Snaehildur's palace, up north beyond the Arctic Circle, in the land of eternal winter. She loved Kai out of true love, and, when he disappeared, she had gone forth to search for him, and, to find him once more, she had left her town, her good grandmother, and the old suburban garret they called home.
She had gone forth and begun her quest singing her favourite Christmas carol, rife with confidence and with her little brave heart, and, to find once more her lost little friend, she had asked the river and the reeds, the countryside and the flowers, and across the immense, monotone, mournful universe, she had walked for hours and for days, for months and for years, without ever giving up, since she was still in the age of hope.
And Nature and the mournful Universe had pitied this little child... To carry her to Fairyland, a rowboat had detached itself from its riverside mooring; to let her pass, old crooked willows had suddenly straightened; magical frogs had wished her welcome, and, on an island with a dangerous reputation, she had been invited into the home of an old crone, somewhat of a witch, friendly yet still with a sinister air about her under her immense straw hat, decked with yellow roses. Gerda had even disarmed the Fair Folk. Under the golden comb that, as it straightened her golden hair, was meant to lull her memories to sleep, she had kept those memories that mattered the most; flowers exiled to the depths of the earth had sprung anew under her tears, periwinkles had spoken, and Gerda had learned from their corollae, which are the mouths of the flowers, where little Kai was hidden away; and thus, Gerda had resumed her quest across the monotone, mournful universe.
An old crow had served as her guide.
Following this tame crow's advice, she had been able to please a royal heir, but she had, at the same time, caught the eye of a princess, and was thus able to escape from the perilous honours of the office of paramour; the dreams that the princess had inspired protected Gerda as she took to flight, and, at nightfall, she had finally been able to flee the palace, yet other perils and other adventures were awaiting her. Outlaws had taken her prisoner amidst the horrors of a midnight forest; she had been taken, hand-tied, to their cavern; she had panted for breath under the butcher's knife of an ogress; yet, miraculously saved by the outlaw leader's daughter, a terrible little wild child smitten with Gerda's large green eyes, golden hair, and lilywhite skin, Gerda had regained her freedom and reached, on reindeerback, the vast plains of the tundra and the fringes of Snaehildur's realm.
She had been erring for months under the low skies, through blistering hailstorms; sent from one hut to another, recommended by Lapland shamans to Finmark shamans, and then her faithful reindeer had to leave her side, not before her crow guide had left her, and thus, all alone, shivering in her crimson velvet gown and her large swan down bonnet, she had boldly entered the reach of Snaehildur's lands. The Queen was then absent, called upon because of the freezing cold in Sicily, where the almonds and the citrus fruits were in grave peril (she had left for the south to ensure the harvest), and, in spite of the blistering winds that stood guard at the gates, their frosty faces and their piercing cold breath, Gerda had entered the palace.
Entering the twentieth hall, she found Kai asleep, captive within his pillar of ice; she knelt in the swirling snow and chanted the carol that both of them had once sung in the garret whose little windows were laced with ice flowers, in their quaint old suburban home:

Yuletide's in bloom of roses white;
this is the day we see the Light.

And the pillar had cracked from top to bottom, and little Kai had slipped through the icy blue fissure, fast asleep, at the feet of Gerda, who flung her warm arms around his pale, cold neck.


Green are the holly and mistletoe,
chosen as signs of hope in woe.
Yuletide's in bloom of roses white;
this is the day we see the Light.

And, under the warmth of her tears, as the ice that had transfixed and hardened the heart of little Kai melted, Kai awakened, recovered his memories, recognized Gerda, stammered a thanksgiving prayer and the name of her good grandmother, the name of their hometown and that of their quaint street, and, his left hand in his little friend's right, they, making strides, fled the palace of Snaehildur. Thus they reached the inland ice, and the tundra, and finally the countryside, the countryside already green with the rye of March, the countryside already purple with the periwinkles of April, and, everywhere along the homeward route, the bells in the steeple of every village repeated, for a refrain, the humble and sacred carol:

The heart's in bloom of roses white;
this is the day we see the Light.



FINIS.


Author: Jean Lorrain, 1902
Translator (directly from the French, freely): Sandra Dermark, 2016








domingo, 19 de abril de 2015

NEUHILDE

NEUHILDE
"La Reina de la Neu" des d'un altre punt de vista

Conte de Jean Lorrain ("Neighilde")

traduït del francès per Sandra Dermark
19 d'abril de 2015

PREFACI.

Sota els cels rúfols de desembre, mentre els transeünts alletjats pel fred es dónen pressa a les esquines de les voreres i la tramuntana tormenta amb ferocitat de gata els emparracats atordits al dur paviment, com seria de dolç poder tornar a descendre dins el passat, poder tornar a ésser infant i, ajagut vora les rogenques brases, dins la calidesa de les cambres closes, quin repós i quin consol seria per als pobres ulls desenganyats per la vida recobrar-se amb l'encant dels vells llibres d'imatges, dels vells llibres de regal il·lustrats d'altres temps, i de poder encara creure en els contes! 
Aquests contes, que hom ha reemplaçat avui dia amb novel·les d'aventura i de ciència ficció, aquelles meravelloses històries que parlaven al cor mitjaçant la imaginació i que preparen a la pietat mitjaçant ingeniosos motius de compassió per quimèriques princeses... en quina atmosfera d'encanteri i de somni, en quin èxtasi de petita ànima enlluernada i tremolant han bressolat els primers anys de la meva vida! I quant em planyo al fons del meu cor pels infants d'aquesta generació, que lligen a Jules Verne en comptes d'Andersen!
Les pràctiques famílies d'aquests xiquets no saben pas quina joventut estan preparant per a tots aquests futurs genets de bicicleta. No hi existeix al món emoció poc delicada que no resti sobre l'amor a les meravelles. 
En quant a mi, juro que els he adorats amb una adoració quasi salvatge, els contes avui dia proscrits i desdenyats; i eren contes brumosos, trempats de lluna i de pluja, sembrats de flocs de neu: contes del Nord, car jo no he conegut, fins a molt tard en la vida, l'encanteri assollellat del Migjorn.
Fou vora l'oceà Atlàntic, remorós i glauc, perpètuament estriat d'escuma, dins una petita vila costanera assetjada pel vent de ponent, on jo vaig passar tota la meva infantesa. Des de novembre, no n'hi havia més que calamarsades i borrasques, i, durant les nits, pesants paquebots solcaven la longitud dels molls amb sinistres "uuh uuh uuh" de mussols gegantins. Els contes que ens portaven els barbuts llops de mar, enfonsats fins a mitja cuixa en botes de pluja que regalimaven, tenien la mateixa olor que llurs narradors: a bruma, a neu fosa, a calamarsada i a mar; es tractava més de nits que d'aurores i de naufragis a la llum de la Lluna que d'alegres cavalcades pels matins vermells; però adorava llur melanconia, on voletejava, al ras de les onades, una meravella un poc ingènua, feta d'esperança i de perill, una poesia d'ànima simple aterrada per la cruel força dels elements, però atendrida per la nostàlgia i, malgrat tot, sostinguda per la fe en el retorn.
A la sala d'estar, rebiem el capità del vaixell, l'armador de la drassana, els agents d'assegurances que havien vingut per algun sinistre, i, mentre els senyors conversaven sobre negocis, una bella mà amb el canell ornat d'una polsera d'or fullejava amb indolència les pàgines il·lustrades d'un àlbum de contes, de contes de fades dels quals una dolça veu femenina ens explicava les estampes; car s'apropava el Nadal i la temporada de regals començava. Pero quant als llibres enquadernats en cartoné daurat jo preferia els relats narrats a la cuina, enmig de les serventes que tremolaven, per homes amb impermeable i boina a rosca. Llurs històries em semblaven molt més veritables, d'una fantasia alhora més vívida i més llunyana, i, entre aquells relats de llops de mar, n'hi havia un sobre tot que m'encantava, un nostàlgic i inquietant conte nòrdic que després retrobaria escrit per Andersen, però que, per boca d'aquells rudes islandesos, prenia la salvatge intensitat d'una cosa viscuda i retrobada, car s'havien segurament creuat amb ella per l'inquiet oceà, durant el curs de llurs perilloses travessies, aquella pàl·lida Reina de la Neu el record de la qual m'obsessiona i em captiva encara.
Oh! Aquella Reina de la Neu, dempeus dins la vermellor immensa del seu etern palau buit! Quant l'amava i la temia alhora, aquella reina petrificada, com letàrgica, de les abelles blanques, aquella verge augusta de les pàl·lides visions de l'Àrtic! Aquella immòbil i planejant viatgera de les llargues i clares nits d'hivern! La Reina de la Neu i el seu trineu de bruma espectral...
Dins la meva aterrada imaginació, la veia passar impassible, molt alt al cel, en mig d'un blanc maelström d'abelles lleugeres com flocs; enormes corbs negres volaven en torn a ella, cridant la fam, cridant l'hivern; sobre els seus muscles, una gran capa de raigs de lluna flotava, desmesuradament llarga, dins la nit; i, per les fortes gelades, per a mí era també ella qui, amb les puntes dels seus glacials dits, dibuixava sobre les llunes de les finestres les grans flors fantàstiques i les arborescències del gebre, i jo sempre tenia por, a mitjanit, de veure surgir a través del vidre de la meva finestra els seus ulls apagats i el seu lluminós front, car havia escoltat la llegenda amb atenció i sabia que, quan la Reina de la Neu et mira, la seva ànima és a un altre indret i els seus ulls no et veuen pas: ella és allà, allà, molt més enllà de l'oceà Glacial Àrtic, dins les glaceres polars, allà, molt més enllà dels estrets i les ensenades:


...més enllà de mars i oceans,
on dormen els futurs hiverns,
a dins l'etern palau de glaç.

De tots els contes sentits, llegits i fullejats durant la meva infantesa han nascut aquestes Princeses d'ivori i embriaguesa: son fetes d'èxtasis, de somnis i de records. Altres figures, aquestes més misterioses, aparéixen per fi aquí i allà, sota el clar de lluna i la neu que cau suaument, dins la màgia glaçada de les nits d'hivern... Captives dins urnes de cristall, com si fóren benaurades màrtirs, elles descenen a la deriva per les aigües lentes dels rius o dormen sota els coralls blancs dels boscos immobilitzats pel glaç: els gnoms vestits de verd vetlen per elles i són les reines de gebre i de son, les albes princeses de l'Hivern. 
La rondalla és la mateixa, els rondallaires l'han brodada...! La diversitat dels textos no fa altra cosa que comprovar, una i altra vegada, la bellesa del símbol i l'antiguitat del conte, l'antiguitat, aquesta noblesa de les rondalles.



NEUHILDE
Conte de gebre i de son


Potser Neuhilde llarg temps viatja.
Un trineu blanc, cobert de glaç,
l'emporta, sobre un lleuger núvol,
els climes millors travessant.

Com un puntet en mig dels núvols,

es veu volant, al cel nevós,
per sobre dels estols de grues,
Neuhilde i el trineu boirós.

Els vells llops que a la neu es giten

udolen dins el bosc desert,
i els corbs canten a cor per ella,
cridant la fam, cridant l'hivern.

Travessant tempesta i borrasca,

ella va, amb els dits gelats,
a collir les grans flors estranyes
que la finestra han estelat.

L'infant que dorm dins la mansarda

s'agita de por al seu llit,
creu que Neuhilde ara l'observa,
però ella ni tan sols l'ha vist.

Es troba al més nord de Noruega,

més enllà de mars i oceans,
on dormen els futurs hiverns,
a dins l'etern palau de glaç.


El petit Kai dormia entre l'esplendor glacial del palau de Neuhilde, al bell mig del saló de festes, fixat dins un enorme pilar transparent; allí dormia, arraulit com un gatet, amb una gorra de pell cobrint els seus ulls, les petites mans enfonsades dins les mitenes, convertit en una coseta molt petitona, com una relíquia dins una vitrina!
En torn a ell, hi flotava un monòton encís dins l'ambient, tot ple de pal·lidesa blanca amb reflexos rosats, tot el palau ple d'icebergs, estalactites i estalagmites enceses per l'aurora boreal... altres sales estaven obertes a l'infinit, desesperadament vastes i buides, els vents polars corrien follament per elles, i, de dia i de nit, la neu hi volava desprenent-se en flocs, perseguda i espentada als angles pels tallants vents del nord.
Aquests eren els guardians del palau. Emboscats als portals, impedien amb llurs alens tallants que la neu i el gel segellaren les portes, i, igual que un immens corall, mil agulles de glaç s'enfilaven cap al cel nocturn, rígides i gegantines, plenes de tots els focs de l'aurora i de tots els canviants reflexos de l'arc iris. Espectral i esplèndid, el palau de Neuhilde refulgia com un prisma enmig del silenci i de les glaceres del Pol Nord, reunides per l'hivern.
Etern hivern, eterna angoixa, eterna nit incendiada i besada per les aurores boreals, i el petit Kai vivia dins aquesta angoixa, dins aquesta solitud i aquest silenci fosc i rígid de fred sota les seves aspres pellisses, però insensible al sofriment, transformat en glaçó ell mateix des que Neuhilde havia posat les seves mans de gebre sobre el seu cor; indiferent a tot, de veritat, al·lucinant per l'esplendor de les vastes sales esclatants i buides, i de l'obfuscant vertigen de llurs voltes, plenes de tenebres i d'estels.
Des de quants anys es trobava allí? El petit Kai no ho sabia en absolut. Havia perdut la noció del temps en perdre la memòria. Quan li tocà el cor, Neuhilde havia apagat totes les flames que ardien allà dins; ja no se'n recordava de la vila escandinava on havia jugat, quan era un infant, a la Plaça Major, tota ressonant de crits i del terrabastall dels carruatges, ja no se'n recordava del vell raval de carrers foscos i tan estrets que la gent que vivia a les mansardes els uns en front dels altres es visitaven els uns als altres amb taules llançades com a ponts d'una casa a una altra, i, per tant, que dins aquell raval d'aquella vila, al cinquè pis d'una vella i alta casa d'artesans, hi vivia una vella àvia de veu tremolosa que el petit Kai coneixia molt bé, una bona iaia de blancs cabells que, durant els grisos dies d'hivern, explicava llegendes a dos petits infants asseguts als seus peus davant la llar de foc, que ja es parlaven d'amor.
I el petit Kai havia sigut un d'aquells infants. El petit Kai havia viscut, temps era temps, a la llunyana i poblada vila escandinava que ressonava amb el terrabastall dels carruatges i els crits. Un xicot abrigat entre altres xicots coberts amb pellisses, que havia molt sovint patinat a la Plaça Major, plena de trineus, durant els mesos d'hivern; però Kai havia oblidat el seu nom i el nom de l'àvia, i el nom del carrer, i el nom de la vila on els flocs de neu es deixaven caure durant sis mesos a l'any, clapant amb suaus cosetes blanques la uniformitat d'un cel gris.
Oh! L'eixam blanc dels grans flocs de neu dins l'aire silenciós, sempre més freqüents, sempre més dens, amb quina curiositat divertida els observava aleshores dansar, amb el nas pegat als vidres de la petita finestra, a la llar de la bona iaia, amb aquella petita finestra que, durant el mes de juny, estaba tota en flor, plena de pèsols d'olor i de caputxines, i tota emmarcada de gebre en hivern! I els relats de la vella àvia anomenaven a aquests flocs abelles blanques, deia que aquelles tenien una reina com les abelles d'or de l'estiu, però era una reina de glaç, amb raigs de lluna glaçats sobre els muscles per espatleres i per ales, i una llarga capa de gebre folrada amb neu boirosa, que el seu "rusc" es trobava més enllà del Cercle Polar, i que era un palau monòton i immòbil, tot construït amb glaçons, un enorme palau espectral de altes sales desertes, d'esclatants cúpules transparents i rígides, eternament incendiat per l'aurora boreal.
I aquella reina s'anomenava Neuhilde, i el petit Kai l'estimava i la temia. Oh! Aquella petrificant i letàrgica reina de l'hivern, aquella verge augusta de les pàl·lides visions de l'Àrtic! El petit Ka l'havia estimada, i molt l'havia temuda alhora, car la veu tremolosa de la iaia la feia tan viatgera i errant, i, les nits de desembre, podia succeir que qui mirava al cel potser veuria aparéixer el trineu de la reina.
Oh! Aquella Reina de la Neu, amb el seu cercle de vells llops asseguts a la vora dels fiords i udolant a la mort... de quina deliciosa angoixa, de quin terror contundent omplia aleshores l'ànima del petit Kai!
Ara, era el seu captiu. A força d'estimar-la, havia atret la letal mirada de la reina, i Neuhilde havia volgut per a ella sola i per a cap altre la petita ànima del petit Kai. Reposant sobre les sines reials, enfonsat en el gebre d'un pit glacial, Kai havia conegut els horrors i els terrors dels viatges atravessant núvols, sobrevolant viles, estrets i mars; grans estols de cigonyes s'havien quedat estupefactes davant ell; davant ell, estols de bruixes volant en escombra s'havien dispersat cridant entre els llamps de tempesta; i mariners havien fet el senyal de la creu al veure passar, davant de les veles, el trineu que l'emportava.
Havia vist fugir, sota els seus peus, torres de catedrals, gàrgoles i gegantins arcàngels daurats que tocaven la trompeta al més alt dels campaners, fortaleses sobre muntanyes, monasteris a les valls, ponts sobre rius i rius a les ruralies; i grans abelles blanques giravoltaven sempre al voltant d'ells, molt alt al pàl·lid cel; en torn a ells, enormes corbs voltaven amb les ales desplegades, mentre, davant del trineu, dues enormes gallines blanques volaven silencioses; i el petit Kai hauria volgut resar un parenostre, però Neuhilde l'havia besat al front i el petit Kai havia oblidat les seves oracions, un gran fred s'havia apoderat d'ell, i, de dolor, havia volgut cridar a Gerda, Gerda, la xiqueta que, dins la vella llar del raval, davant les cendres de la llar de foc, escoltaba amb ell els relats de la iaia, però Neuhilde havia posat la seua mà sobre el cor de Kai, i ell no se'n recordava més del nom de Gerda ni del de llur vila natal; ni del nom de l'àvia, ni del seu propi nom, però, de sobte, havia deixat de tenir fred. Un benestar s'havia apoderat d'ell, al mateix temps que la lluna plena brillava, com augmentada, més redona entre núvols de nacre, i que la capa de Neuhilde flotava desmesuradament llarga enmig d'un vol més dens d'enormes aus nocturnes: i, entre la suavitat i l'escalfor, el petit Kai s'havia adormit.
No havia despertat pas des d'aleshores.
Va ser aleshores quan Gerda penetrà dins la sala. Gerda era la xiqueta que, durant els llargs vespres d'estiu, asseguda al bord de la teulada de la seua altíssima casa, sobre un petit banc que havien fabricat entre els dos, i posat per als dos entre ambdues finestres, la seua i la de Kai, mirava amb ell el vol de les orenetes i com flotaven en la brisa les flors de lligabosc.
Arraulida als peus de la iaia, ella havia escoltat més d'una vegada el conte de Neuhilde, i creia, com Kai, en l'existència de les abelles blanques i en el glacial encís del palau de la Reina de la Neu, més enllà del Cercle Polar, al país de l'hivern perpetu. Estimava Kai amb amor vertader, i, quan ell havia desaparegut, havia partit a la seva recerca i, per a retrobar-lo, havia deixat la vila, la bona iaia dins la mansarda i la vella llar del raval.
Havia partit i començat el seu viatge cantant una nadala, plena de confiança i del seu petit cor valent, i, per a retrobar el petit amic perdut, havia interrogat al riu i als joncs, a la ruralia i a les flors, i, dins l'immens univers monòton i trist, havia caminat per hores i per dies, per mesos i per anys, sense rendir-se, trobant-se ella encara en l'edat de l'esperança.
I la natura i el trist univers s'havien compadit d'aquesta xiqueta... Per a conduir-la al País de les Fades, una barca havia soltat amarres; per a que passés per entre ells, vells salzes recargolats s'havien súbitament apartat; granotes màgiques li havien donat la benvinguda, i, en una illa amb reputació de perillosa, l'havia acollida una velleta una mica fetillera, simpàtica però no obstant inquietant, sota un immens barret de roses grogues. Gerda havia àdhuc desarmat les fades. Sota la pinta d'or que, mentre recorria els seus rossos cabells, devia adormir la seva memòria, ella havia guardat el record; flors exiliades al fons de la terra havien ressorgit amb les seves llàgrimes, les pervinques havien parlat i Gerda havia aprés de llurs corol·les, que són llurs boques, on s'amagava el petit Kai; i Gerda havia représ la seva ruta creuant el monòton i trist univers.
Una vella cornella li havia servit de guia.
Seguint el seu consell, li havia caigut en gràcia a un fill de reis, però havia captat, al mateix temps, l'atenció d'una princesa, i havia pogut escapar del perillós honor de l'ofici de favorita reial; els somnis que aquesta havia inspirat havien protegit la fugida de la nostra heroïna, que, amb la caiguda de la nit, havia pogut escapar del palau, però li esperaven altres perills i altres aventures. 
Uns roders s'havien apoderat d'ella dins un bosc ple d'horrors nocturns; se l'havien emportat, presonera, a llur caverna, se li havia accelerat la respiració sota el ganivet d'una ogressa; però, miraculosament salvada per la filla dels lladres, una terrible petita salvatge encisada pels seus grans ulls verds, els seus cabells d'or i la seua blanca pell, Gerda havia recobrat la seua llibertat i arribat, muntada sobre un ren, a les dilatades estepes dels confins del regne de Neuhilde.
Ella havia errat durant mesos sota el cel rúfol i el tallant vent del nord, enviada de cabana en cabana, i recomanada per les fetilleres lapones a les de Finlàndia; després, el seu fidel ren va haver d'abandonar-la, i, tota sola, tremolant amb el seu vestit de vellut carmesí i la seua gran gorra de plomes de cigne, havia arditment penetrat dins el territori de Neuhilde. La Reina es trobava aleshores absent, cridada pel deure a causa de les gelades a Sicília, on els ametlers estaven en perill (ella hi havia anat a assegurar la collita), i, malgrat els vents polars que muntaven guàrdia a les portes, amb els rostres de gebre i els alens tallants, Gerda havia entrat dins el palau.
Després de la vintena sala, ella trobà Kai adormit, captiu dins el seu pilar de glaç, s'agenollà sota els remolins de neu i va entonar dolçament la nadala que cantaven abans els dos dins la mansarda amb les petites ventanes cobertes de flors de glaç, a la vella casa del raval:

Ja ve, de roses blanques coronat, el Nadal;

el dia que nosaltres veurem el Bell Infant.

I el pilar s'havia esquerdat de dalt a baix, i el petit Kai va lliscar, per la blava fissura, fins als peus de Gerda, que li havia llançat els braços entorn del coll:


El grèvol i el vesc resten verds en hivern,

els fruits més humils són avui escollits.
Ja ve, de roses blanques coronat, el Nadal;
el dia que nosaltres veurem el Bell Infant.

I, sota l'escalfor de les llàgrimes, havent-se fos el glaç que enduria el cor del petit Kai, ell es va despertar, va recobrar la memòria, va reconéixer Gerda, va balbucejar un parenostre, el nom de la bona àvia i els de la seua vila, del seu raval i del seu carrer, i, de la mà de la seua petita amiga, va fugir amb grans passes del palau de Neuhilde. Van creuar així, tots dos, la glacera, la estepa, i, finalment, la ruralia, els camps ja verds amb les espigues d'ordi de març, la ruralia ja blava amb les pervinques d'abril, i, pertot arreu, per tota la ruta, els campanaris dels pobles repetien, com a tornada, la humil i divina nadala:


Ple de roses blanques floreix el cor salvat;

el dia que nosaltres veurem el Bell Infant.